Je fais des images. Qu’il s’agit d’inventer un volume à un dessin pour qu’il puisse exister dans le même espace que nous, ou d’oeuvres en deux dimensions. Je me sers des images simples, d’abécédaire, car ils on le double fonction de montrer et nommer à la fois. Si je dessine un arbre il ressemble autant ou plus au mot arbre qu’à aucun arbre existant. Mes images représentent des choses banales et évidentes, mais non dépourvu de poésie. La plupart référent a des lois de physique simples et à ces conditions primaires dans lesquelles on conçoit un objet ou un œuvre plastique (phénomènes minimaux concrets).
Il y a ceux qui suivent la chaîne des dimensions (point, ligne, plan, volume) et d’autres qui font référence aux différents états de la matière: gazeux (nuage, fumée), liquide (l’eau) et solide (pierre). Quelques-uns figurent des matériaux bruts, qui existent dans la nature telle qu’elle (bois et pierre), ou parlent de l’informe, de choses sans forme déterminée, (l’eau, les nuages, la fumée, les pierres, les tas de cordes et tissus=lignes et plans). Il y a aussi des images de la surface qui cache, qui fait barrage au regard (les drapées).
Mes moyens de production, à l’époque de la technologie numérique, sont archaïques et inefficaces. J’ai une pratique d’atelier, ce qui veut dire que je travaille avec mes mains. Ceci laisse des traces sur les œuvres, des gestes effectués. Ces marques, ce « j’étais là » m’a ramené à la pratique de la peinture que, depuis quelque temps, j’avais poussée en arrière-plan. Dans mes peintures, l’image imite le geste, le tracé du pinceau, et l’inverse. Le geste y est prédéterminé, répétitif et maniéré. Je voudrais que mes œuvres soient toujours des images critiques d’eux-mêmes, de ce qu’ils sont. Ceci est une des raisons pourquoi j’ai toujours travaillé plusieurs médiums à la fois, voyagent librement des images « plates » aux objets en volume quand le besoin se manifeste.